02/06/2011

Critiques dans le numéro 28 de "Reflets Wallonie-Bruxelles"

"Laurent Dumortier – Changements – éd. Chloé des Lys – 97 pages – 17,90 €

 

La fantaisie la plus débridée, partant dans tous les sens, l’imaginaire qui caracole, et le quotidien le plus banal prend soudain un autre visage, flirtant souvent avec l’horrible, où les valeurs habituelles se trouvent bouleversées.

Renversement des rôles entre hommes et bêtes, intervention d’extra-terrestres étudiant l’humain comme animal de laboratoire, des gens qui disparaissent, au propre comme au figuré, des meurtres sanguinaires pour des raisons futiles ou artistiques, des histoires non terminées laissant la porte ouverte à toute interprétation…

Trente mini-nouvelles, qui se suivent à toute allure, se répondent dans le genre science-fiction, policier, animalier, épouvante… sans reprendre son souffle, on se voit ballotté de cauchemar en cauchemar, rebondissant de l’une à l’autre comme balle de son.

Les nouvelles sont parfois si courtes qu’on n’a pas le temps de se mettre dans l’ambiance et  souvent trop transparentes pour garder un suspense. On engloutit sans respirer les fantasmes et les délires qui peuplent l’imaginaire fertile de Laurent Dumortier, ils nous sont servis sans apprêts, dans un style tout simple et naturel, comme si toutes ces choses étranges ou sordides allaient de soi. Bon appétit !

 

Isabelle Fable"

 

"Laurent Dumortier – Evolution – éd. Chloé des Lys – 20 pages

 

Elégant opuscule structuré comme une respiration entre Evolution et Régression, deux phases successives numérotées chacune de 0 à 9, où deux personnages, Janus et Carole, se donnent la réplique de page en page.

Une mise en scène très précise pour des pensées oscillant de l’une à l’autre, poésie philosophique ou philosophie poétique, avec une sorte de bilan en une unique ligne italique au cours de chaque régression, comme :

« Se nourrir de certitudes, c’est mourir à moyen terme »

ou :

« Le marionnettiste est un dieu qui s’ignore »

Balancement jubilatoire entre noir et blanc, condition sine qua non de la nature humaine, qui se paie d’images et de mots pour tenter de comprendre le monde car « Les repères spatio-temporels ne sont pas un MRU » (mouvement rectiligne uniforme !) et la vie est un abîme de mystère. Le sonder n’est pas de tout repos. Il y a de quoi perdre la tête. L’auteur en est conscient quand il énonce que :

« La régression est une étape essentielle dans la névrose »

et en conclusion :

« Concernant Laurent Dumortier, une mise en observation s’impose ».

En attendant, il reste à lire, relire et jouer à cache-cache entre désirs désertés et compréhension de l’anomalie systémique… dans ce livre-théâtre, où l’on nous fait miroiter des mots-marionnettes pas toujours évidents :

« Hors contexte

Le concept renonce

A son abstraction »

 

Isabelle Fable"

  

 

20:39 Écrit par Laurent Dumortier | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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